Depuis quelques temps, je comprends mieux le rêve des cyberpunks de s'interfacer directement aux machines. J'utilise des sites comme Wikipédia en guise de mémoire secondaire. Une mémoire qui contient beaucoup de choses, mais dont le temps d'accès est très lent. Il est souvent frustrant de se confronter à l'imperfection de nos interfaces actuelles.
La cybernétique a bien sûr d'autres avantages que de me permettre de mieux manipuler mon ordinateur. En particulier, elle permet déjà aux handicapés d'effectuer des tâches simples simplement avec leur esprit. C'est une technologie extrèmement utile, et qui en plus fait rêver les amateurs de science fiction (ou les nerds au fond de leurs caves). Alors, l'heure est-elle aux réjouissances ?
Il semble que toutes nos avancées aient leur côté obscur, et j'avoue que les inconvénients liés au développement de ces dispositifs m'avait échappé jusqu'à ce que Boing Boing en parle. En effet, s'il est possible de contrôler une machine avec notre pensée, cela signifie qu'il existe un dispositif qui permet de lire nos états mentaux. Si on peut lire nos états mentaux, et les interpréter, alors il faudra pouvoir contrôler qui a accès à ces informations. Les détecteurs de mensonge actuels sont plutôt risibles, mais que dire de détecteurs basés sur ce genre de technologies ?
(Cette remarque s'applique aussi à l'uploading, qui se base sur le fait que l'on peut reproduire la conscience humaine dans une simulation à partir du moment où l'on peut lire les états des éléments constituant le cerveau.)
À chaque fois que j'en ai l'occasion, je fais la promotion des systèmes d'exploitation libres comme GNU/Linux, pour des raisons à la fois techniques et politiques. Parfois, une personne qui a trouvé un défaut à GNU/Linux vient me voir pour me montrer que ce système n'est pas parfait. C'est une évidence dont je n'ai jamais douté, et je suis comme tout le monde confronté à l'imperfection de nos systèmes actuels. Je me contente de recommender ceux que je considère comme étant les moins mauvais, tous critères confondus.
Une des raisons pour lesquelles le système (au sens large) de GNU n'est pas parfait est le manque d'aide à la représentation et au traitement intuitif de l'information. Avec la disponibilité d'une quantité incroyable d'information est venu le besoin de traiter cette information à l'échelle humaine. Je ne parle pas de traîtement professionnel, mais dans la vie de tous les jours. Par exemple, j'utilise l'agrégateur de flux RSS liferea, qui me permet de réunir toutes mes sources de nouvelles en un même endroit, mais les outils pour en profiter manquent. L'outil de recherche est efficace, mais à des années lumières de ce que j'aimerais avoir. J'aimerais, entre autres, une représentation visuelle des liens entre les différents articles. J'aimerais, en lisant un article, voir quels articles lui sont apparentés, et que cette représentation soit « intelligente ». Dans le même ordre d'idées, j'aimerais avoir une représentation convenable des liens entre les fichiers présents sur mon disque dur. Mieux encore, j'aimerais avoir plusieurs représentations distinctes, chacune correspondant à des liens différents (articles liés par auteurs, liés par thèmes, etc.). Intuitivement, on sent que les fichiers de mon disque dur et les articles sur le Web demandent le même type de traîtement.
À défaut de disposer d'intelligence artificielle, l'évolution vers un meilleur système passera par l'intégration des outils statistiques de prédiction dont nous disposons, afin de déduire automatiquement des liens entre différentes informations, et par les outils de représentation, principalement les graphes. Une bonne partie de tout cela est disponible dès maintenant, mais est essentiellement utilisé pour la recherche ou les applications industrielles. Nous avons besoin de pouvoir utiliser de manière indolore ces systèmes dans les applications de tous les jours.
Tout le monde en parle en ce moment, Richard Branson, le possesseur de Virgin, a signé un contrat avec les constructeurs de SpaceShipOne pour mettre en place des vols spatiaux avec passagers commerciaux. Le projet s'appelle Virgin Galactics, devrait être fonctionnel vers 2007, et un ticket pourrait coûter à partir de 115 000 £, soit à ce jour 167 952 € pour 4 minutes au dela de l'atmosphère.
Un pas de plus vers le tourisme spatial, après les vols en gravité zéro. Est-ce que nous verrons bientôt des hôtels en orbite, comme annoncé il y a quelques années par l'entreprise Shimizu ? Voir aussi l'entreprise Spacetopia (attention les yeux).
Il y a quelques jours, les journaux ont annoncé que le programme SETI de recherche d'intelligences extra-terrestres avait découvert un signal candidat intéressant, nouvelle qui fut rapidement démentie. Quoi qu'il en soit, comme à chaque fois que le projet SETI est mentionné quelque part, la question de l'existence de la vie intelligente dans l'Univers a été discutée, avec les habituels débats entre partisans et opposants du SETI. Une petite réflexion sur le sujet s'impose pour y voir clair.
Dans le camp des opposants, on trouve ceux qui ne croient pas à la vie dans l'Univers (pour des raisons religieuses ou parce qu'ils pensent que l'appartition de la vie est trop rare), on trouve ceux qui croient que la vie existe (peut-être) dans l'Univers, mais que ces formes de vies ne sont pas assez évoluées pour communiquer, et enfin on trouve ceux qui croient que la vie intelligente extra-terrestre existe, mais qu'on ne la trouvera pas avec les méthodes employées par le SETI. Intéressons-nous à ceux qui pensent que la vie est un phénomène rare dans l'univers.
Dans un camp comme dans l'autre, on évoque souvent la fameuse équation de (Frank) Drake, qui tente d'estimer le nombre de civilisations extra-terrestres dans notre galaxie. Cette équation est intéressante à formuler et à comprendre, mais ce qui est amusant, c'est que son pouvoir explicatif est très limité: selon les (estimations de) valeurs que l'on donne à ses variables, on constate que le nombre de civilisations communiquantes dans notre galaxie est compris entre 1 et Beaucoup. Le 1, c'est nous, bien sûr. Cette conclusion semble sans intérêt, mais elle montre quelque chose de fondamental: la seule chose que nous savons sur la probabilité d'apparition de la vie, c'est que cette probabilité n'est pas nulle (nous existons). Cela suffit à justifier la recherche de la vie ailleurs que sur Terre, sans remettre en question l'utilité de débattre de nos chance d'en trouver.
Certaines des objections les plus fortes au projet SETI sont les suivantes. Le Paradoxe de Fermi pose la question "Où sont-ils ?". Si la vie est fréquente, rien ne nous permet de penser, statistiquement, que nous sommes les premiers. Alors, pourquoi n'avons-nous jamais vu de traces de vie extra-terrestre à ce jour ? Il existe plusieurs réponses qui ne sont pas incompatibles avec l'existence d'autres civilisations, mais la question reste posée. La deuxième objection en regroupe plusieurs. Si nous espérons capter des émissions involontaires (comme nos propres émissions d'ondes radio dues à la télévision), nous devons supposer que les extra-terrestres utilisent les ondes radio pour leurs communications. Si nous recevons ces communications, nous devons encore nous rendre compte qu'il s'agit de communications et pas d'un signal aléatoire. Pour cela, le SETI se base sur différentes analyses pour mettre en évidence des régularités dans les signaux. Mais une civilisation avancée, qui utiliserait ses canaux de communication efficacement, compresserait probablement ses données. Si la compression est efficace, serons nous capables d'y détecter des régularités ?
Un autre espoir réside dans la détection de signaux intentionnels... Hello World ?
Le transhumanisme est une philosophie encore peu connue en France, mais qui commence à faire parler d'elle outre-Atlantique. Les transhumanistes pensent que nous devons utiliser tous les moyens à notre disposition pour améliorer la condition humaine, jusqu'au moment où nous serons tellement différents que nous ne pourrons plus nous appeler humains, mais post-humains. Il ne faut pas croire que les transhumanistes soient pour un usage immodéré et incontrôlé de la technologie. Les dangers et l'éthique des nouvelles technologies sont autant discutés que leurs mérites, si ce n'est plus.
Les transhumanistes partagent certaines valeurs communes, mais sont divisés en de nombreuses écoles, dont la plus connue est l'Extropianisme (l'extropie est le contraire de l'entropie). Leurs principes sont le progrès perpétuel, la transformation personnelle, l'optimisme actif, l'utilisation intelligente de la technologie, la défense d'une société ouverte et libre, la défense du libre arbitre et la pensée rationnelle.
Formulé comme cela, le programme des extropiens semble parfait. Pourtant, il soulève bien des objections, provenant en grande partie de luddites. La technologie est effrayante, mais le fait de placer ses espoirs dans cette technologie semble encore plus effrayant pour certains. La plupart des objectifs poursuivis par les transhumanistes (guérir du vieillissement, améliorer son intelligence, sa force physique...) sont vus comme blasphématoires, ou du moins contraires à « l'ordre naturel ».
Il est évident que si une technologie est physiquement possible, alors elle sera mise en oeuvre un jour ou l'autre, éventuellement par des gens mal intentionnés. Quoi que l'on pense de sa crédibilité, l'approche transhumaniste à le mérite de prendre le problème sous le bon angle (la raison plutôt que la peur), et de ne vouloir laisser personne en arrière.