26 novembre 2004, à 19:12

Copyright, copyleft et juste milieu


Certains de mes (peu) nombreux visiteurs auront peut-être remarqué le logo CreativeCommons: Some Rights Reserved qui orne les pages de ce blog. Il s'agit de la licence associée aux textes du site, une licence libre (dans le sens des logiciels libres) qui autorise quiconque à redistribuer et/ou modifier le contenu, sous réserve d'en citer l'auteur, et de ne pas changer la licence. On parle beaucoup du mouvement Creative Commons, mais beaucoup de gens ne savent pas qu'il existe plusieurs licences CC.

Le mouvement Creative Commons a été lancé par un groupe d'experts de la « propriété intellectuelle », dont le plus connu chez nous est Lawrence Lessig, dans le but de trouver un compromis entre le contrôle total des oeuvres artistiques par leur ayant droit et la liberté totale du public vis à vis de ces oeuvres. Il s'agit d'offrir un cadre légal aux artistes qui veulent garder un certain nombre de droits, mais néanmoins permettre le partage et le travail communautaire. Creative Commons propose plusieurs licences, qui sont constituées en assemblant des « briques » légales:

  • Attribution: oblige les gens qui distribuent l'oeuvre à préciser que vous en êtes l'auteur.
  • Noncommercial: l'oeuvre peut être copiée et diffusée, mais pas de manière commerciale.
  • No Derivative Works: l'oeuvre peut être copiée et diffusée, mais on ne peut pas en faire de travail dérivé.
  • Share-alike: les travaux dérivés ne peuvent être diffusés que s'ils portent la même licence que l'oeuvre d'origine.

Il est donc possible d'assembler ces briques comme on le désire, tant qu'elles sont compatibles entre-elles. Par exemple, si vous n'autorisez pas les oeuvres dérivées, la clause Share-alike ne peut pas être utilisée. On peut donc remarquer que, si nous prenons la définition donnée par la FSF d'un logiciel libre, les licences comprenant la clause Noncommercial ou la clause No Derivative Works ne sont pas libres. Il est important de s'en souvenir afin de ne pas associer aveuglément une licence Creative Commons avec la notion de logiciel libre. Vérifiez quels droits vous avez !

Chacun est libre de faire ses choix parmi ces clauses, mais celle qui me semble la plus douteuse, et qui pourtant est souvent choisie, est la clause interdisant les travaux dérivés. Je ne suis pas avocat, mais intuitivement la limite entre une oeuvre dérivée par X et une oeuvre inspirée par X est assez floue. La création d'une oeuvre ne se fait jamais ex nihilo, mais à partir de notre culture, alors dans quelle mesure peut-on interdire les oeuvres dérivées ? Beaucoup de gens s'en servent pour garder la paternité de leurs personnages (dans le cas du texte) et éviter que l'on mette dans leur bouche des propos que l'auteur ne soutiendrait pas. Je reste dubitatif.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

23 octobre 2004, à 20:19

Tout le monde en parle


Tout le monde parle de la nouvelle distribution de GNU/Linux, celle faite par la boîte du milliardaire Mark Shuttleworth, vous savez, Ubuntu. Basée sur une Debian, elle est censée être plus facilement installable et plus simple d'utilisation. Comme je n'aime pas être anticonformiste, et que c'était ça ou travailler, j'ai décidé d'essayer aussi.

Comme promis, la distribution s'est installée tout seule, pendant que je discutais. Une petite manipulation manuelle à faire pour la rajouter dans mon gestionnaire de démarrage, et c'est parti. Première impression: il m'a fallu deux jours pour installer complètement ma Debian, et ici tout fonctionne du premier coup. Je vérifie, j'ai bien le son et la vidéo, la souris et le trackpad sont gérés simultanément, etc. Un unique bémol: la bibliothèque de décryptage des DVD n'étant pas incluse, il faut faire une manipulation pour la rajouter, qui sera un peu fastidieuse pour les débutants auxquels Ubuntu se destine.

Ce petit problème réglé, on se retrouve effectivement, en une demie heure, avec une distribution élégante et fonctionnelle, et avec les outils favoris des amateurs de Debian. Bien sûr, il y aura des gens pour critiquer certains des choix faits par Ubuntu (sudo par défaut pour le premier compte, seulement Gnome comme gestionnaire de bureau, etc.), mais cette distribution semble atteindre son but.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

10 octobre 2004, à 19:28

Surveille ton langage


En linguistique, l'hypothèse Sapir-Whorf postule que la langue que nous parlons affecte la manière dont nous pensons. Plus exactement, affecte la manière dont nous concevons le monde. L'envie de vérifier cette hypothèse a donné naissance au Lojban, un langage artificiel dont la grammaire propose plusieurs manières structurées de formuler des concepts proches, et permet d'être étonnament précis tout en restant utilisables par un humain lors d'une conversation.

L'hypothèse Sapir-Whorf reste donc à ce jour une conjecture. Cependant, en informatique, elle semble vérifiée régulièrement. En effet, il existe plusieurs paradigmes de programmation, dont les plus connus sont la programmation impérative (en C, Java, etc.) où l'on décrit les instructions à exécuter l'une après l'autre, et la programmation fonctionnelle, où l'on s'intéresse à des fonctions et à leurs valeurs. On sait que tous les langages de programmation sont équivalents à une machine de Turing universelle, et donc sont tous aussi puissants les uns que les autres. Pourtant, il existe des algorithmes qui semblent « naturels » dans un paradigme et sont très difficiles à formuler dans un autre. Tout programmeur habitué à un langage impératif qui s'est essayé à la programmation fonctionnelle (ou l'inverse) en a fait la dure expérience. C'est une des raisons pour laquelle il existe une telle diversité de langages de programmation.

Il semble difficile de mélanger deux paradigmes (bien que certains langages le fassent). Il est aussi difficile de changer de paradigme temporairement pour résoudre un problème. Affirmation subjective: un bon langage de programmation est un langage qui reste fidèle à son paradigme « d'origine », mais qui sait faire en sorte que les tâches « appartenant » à d'autres paradigmes soient formulables de manière naturelle. Le langage Ruby est un bon exemple de langage impératif (objet) qui sait incorporer de manière naturelle des éléments fonctionnels.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Philosophie, Sans intérêt

22 septembre 2004, à 20:09

Accouchement des âmes


Instictivement, nous avons tendance à nous procurer des informations provenant de sources conformes avec nos opinions. Si l'on est de gauche, on a tendance à lire des journaux de gauche, à écouter des hommes politiques de gauche, etc. Par conséquent, quand on écrit, on a aussi tendance (sauf situation particulière) à écrire pour des gens qui partagent en partie ses opinions, à prêcher des convertis, et donc à faire inconsciemment des raccourcis dans ses argumentations. C'est pour cette raison que lorsqu'on écoute ou lit un média « de l'autre bord », on est souvent outré par son caractère grotesque, son manque de modération.

Pourtant, discuter entre gens partageant les mêmes idées n'est pas le meilleur moyen de découvrir des failles dans ces idées, d'en découvrir de nouvelles ou de paufiner son argumentation. Il faudrait alors participer à des débats incluant les deux parties ? Cela pose un problème. Lorsque ces deux camps idéologiques sont clairement identifiés, on voit souvent se former une joute de dialectique plutôt qu'un débat, où il s'agit de convaincre que l'on a raison plutôt que d'avoir réellement raison (voir L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer).

Par conséquent, la meilleure manière de procéder est de réunir des gens autour d'un sujet sur lequel ils s'entendent (par exemple les logiciels libres), et de les faire parler d'autre chose (voir aussi Troll et Loi de Godwin).


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

16 septembre 2004, à 14:06

Un weblog ?


Après avoir découvert Liferea (un aggrégateur de flux RSS), je me suis dit que, finalement, le phénomène des weblogs pouvait avoir son intérêt. D'accord, ça sert encore principalement à raconter sa vie, en essayant de se convaincre que des gens viennent la lire (alors qu'en fait seul le robot de Google le fait). Mais avec des aggrégateurs, on peut espérer quelque chose d'un peu mieux, car on a un moyen de réunir en un même endroit plusieurs sources de nouvelles différentes, et de les traîter de manière uniformisée. Pour l'instant, à ma connaissance, le phénomène n'a pas été poussé bien loin, mais ce n'est qu'une question de temps.

Bogofilter, ainsi que la plupart des filtres anti-spam évolutifs, fait du filtrage statistique (bayésien) qui est, du point de vue de l'utilisateur, un moyen magique d'apprendre ce qui est intéressant et ce qui est du spam. Puisqu'on n'aura pas de vraie intelligence artificielle avant encore quelques temps, pourquoi ne pourrait-on pas utiliser ce genre d'analyse statistique brutale pour choisir ce qui nous intéresse parmi les flux de nouvelles disponibles ?

Bref, tout ça pour dire que j'ai (un peu) changé d'avis sur les weblogs. Ça peut être bien. Alors, pour voir, je vais essayer d'en faire un, et de parler des sujets intéressants que je trouve dans l'actualité. Nul doute que je me lasserai très vite. Et les lecteurs bien avant moi :)


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt