25 mars 2006, à 0:37

« Beuh beuh beuh »


Je suis toujours supris, lorsque j'aborde certains sujets avec des personnes que je crois rationnelles, de constater à quel point ma formation scientifique me rend suspect dans les discutions informelles. Le scientifique est souvent vu non pas comme quelqu'un d'ouvert d'esprit, mais comme quelqu'un dont les croyances dogmatiques entravent la capacité à gérer ce qui sort de son domaine. Les paroles de celui qui est suspecté d'être scientifique sont alors suspectes, du moins lorsqu'elles contredisent une thèse. Le scientifique ne chercherait pas à discuter, mais à imposer son point de vue, sans prendre en considération les arguments adverses.

Je soupçonne que ce point de vue soit dû à une méconnaissance de ce qu'est la méthode scientifique. Certains semblent croire que la science sert à prouver des choses, et que tout ce qui n'est pas prouvé est violemment rejeté. En réalité, la science (expérimentale) n'a pas la prétention de prouver quoi que ce soit, et la méthode scientifique n'est qu'un terme qui désigne les règles sur lesquelles nous nous accordons pour dire qu'elles régissent la manière dont on change d'avis. Ces règles existent parce que nous essayons de ne pas changer d'avis à tort et à travers, mais elles nous forcent à changer d'avis lorsque c'est nécessaire. Le contraire, donc, d'une approche obscurantiste consistant à rejeter ce que les gens « normaux » savent être vrai.

Pour illustrer mon propos, je voudrais évoquer une de mes discutions avec des gens très bien, concernant l'astrologie. Contrairement à ce que beaucoup pensent, l'astrologie est tout à fait du domaine de la science, dans la mesure où elle propose une explication à son fonctionnement, et où elle fait des prédictions qui sont réfutables. Ces prédictions concernent parfois des évènements à venir, mais peuvent aussi concerner le caractère d'une personne, dans le cas des thèmes astraux. Puisqu'il ne s'agit pas de métaphysique, il est tout à fait envisageable de raisonner sur la validité de cette théorie.

Dans le cadre de cette conversation, j'ai mentionné le fait que la précession des équinoxes implique que le zodiaque utilisé par les astrologues ne correspond à aucune réalité physique, ce qui réfute l'explication du fonctionnement. Que l'explication soit fausse n'implique pas que la méthode ne fonctionne pas. Si des expériences statistiques sommaires montrent qu'une astrologue connue ne fait pas de meilleures prédictions sur l'avenir que des prophanes, ou qu'un générateur aléatoire, il reste indéniable que beaucoup de gens témoignent se reconnaître dans leur thème astral. En revanche, un phénomène (nommé effet Barnum) est observé depuis longtemps par les psychologues, et montre que si l'on donne le même thème astrologique (ou résultat test de personnalité) à de nombreuses personnes, une écrasante majorité d'entre-elles se reconnaîtra dedans.

Face à ces observations qui sont reproductibles par n'importe qui, une personne appliquant la méthode scientifique, n'ayant ni explication du fonctionnement de l'astrologie ni le moindre début d'indice que cela fonctionne, se doit de douter, même si elle se reconnaît dans son thème astral. Mes interlocuteurs, admettant ces arguments mais refusant d'envisager d'être trompés par leurs observations personnelles, se contentèrent d'un « beuh beuh beuh » laconique. Comment convaincre ces gens que le rejet par les scientifiques de l'astrologie n'est pas dû à un refus de remise en cause, mais est la conséquence de leur capacité à remettre en cause leurs impressions ?


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

08 décembre 2005, à 21:32

Bibliothèque connectée


Depuis quelques temps, j'essaye laborieusement de référencer le contenu des mes étagères avec le logiciel Alexandria. Ce n'est pas ce qui se fait de mieux en la matière, mais comme c'est programmé en Ruby, je me dit que j'ai toujours la possibilité de participer au lieu de me plaindre.

La grande question est : qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de cette base de données quand j'aurai fini ? En dehors de pouvoir indiquer une liste exhaustive de mes livres à ceux qui veulent m'en offrir (ou m'en emprunter, gasp).

En ce moment, la mode est au « web social », qui suppose que faire participer plein de gens à quelque chose permet de produire automatiquement une information utile. Un peu à la manière d'Amazon (« les clients qui ont aimé Enid Blyton ont aussi aimé les livres d'Émile Zola »), on pourrait imaginer un système où chacun partage la liste de livres qu'il possède, assortie de notes, et où chacun peut obtenir de nouvelles suggestions sur les livres qu'il n'a pas lu et qui se rapprochent de ses goûts.

En fait, c'est tellement évident que cela doit déjà exister, mais je n'ai rien trouvé de convainquant et gratuit. J'ai bien envie de me lancer là dedans, mais si quelqu'un connait quelque chose de ce genre, faites moi signe.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

06 décembre 2005, à 15:34

Il pleut


Bon, ça fait très longtemps que je n'ai rien écrit ici, non pas que je sois trop occupé, mais plutôt parce que je n'avais rien d'intéressant à dire. Enfin, maintenant que je suis un sale chômeur qui pue (la France va mal, ma bonne dame), je vais essayer de m'y remettre un peu.

Accessoirement, si quelqu'un passe par ici et dispose d'un financement de thèse en bioinformatique dont il ne sait que faire, ça m'intéresse.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

02 mars 2005, à 19:09

Playstation


Tout fout l'camp ma bonne dame, la jeunesse de maintenant, c'est plus c'que c'était. Aujourd'hui, un mercredi après midi de vacances, il y avait au moins 4 cm de neige un peu partout, et pas un seul gamin pour jouer avec. L'équivalent de plusieurs terrains de foot couverts de neige, sans compter ce qu'on trouve dans les bois voisins, et pas un seul bonhomme de neige. Il a fallu que je me dévoue, j'ai fait un phoque de neige, mais manque de chance les photos sont coincées dans mon APN...

MàJ: le phoque est décoincé.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt

23 février 2005, à 12:24

Arimaa


Grace à une dépêche sur Slashdot annonçant la résolution du jeu de Go sur un plateau de 5 lignes sur 5, j'ai découvert un nouveau jeu de plateau, Arimaa, qui se joue avec un plateau d'échecs, mais qui en est très différent.

Arimaa a été créé en réaction au fait que les ordinateurs sont meilleurs que la plupart des humains au jeu d'échecs, mais que cela est dû à leur puissance de calcul plutôt qu'à leur intelligence. Les ordinateurs qui jouent aux échecs ont juste besoin de calculer beaucoup de coups à l'avance pour être relativement bons. Au jeu de Go, cela n'est pas le cas pour plusieurs raisons: tout d'abord, le facteur de branchement est plus important: à chaque tour, il y a beaucoup plus de coups possibles. Ensuite, il est beaucoup plus difficile d'évaluer la qualité d'un coup.

Arimaa a donc été créé pour être un jeu de ce type: difficile pour les ordinateurs, et faciles à aborder pour les humains. Et pour bien montrer qu'il s'agit d'un défi aux ordinateurs, les créateurs du jeu offrent 10 000 $ au concepteur du premier programme à battre un humain de leur choix avant 2020.


Posté par Yusei | Permalink | Catégories: Sans intérêt