Les plus outranciers des capitalibéralistes ne se gènent pas pour le dire: si des gens sont pauvres, c'est de leur faute, après tout ils n'avaient qu'à gagner de l'argent. On a donc d'une part les gens qui savent se prendre en main et qui ont une vie décente, et d'autre part des gens improductifs que la société est bien bonne d'entretenir.
Seulement, quand le capitalisme décide de faire dans le social sans verser dans la charité, on obtient des résultats surprenants. Les banques accordants des micro-crédits en sont un bon exemple: il s'agit d'accorder des prets de relativement petites sommes à des gens auxquels jamais une "vraie" banque n'accepterait de prêter quoi que ce soit, afin de leur donner l'élan financier nécessaire pour se sortir de la merde, n'ayons pas peur des mots. C'est ainsi qu'on voit fleurir des mini-entreprises de quelques personnes, et que la quasi-totalité des prêts sont remboursés, ce qui fait de ces banques un service rentable. Les premiers à avoir lancé une banque de ce type (ou les premiers médiatisés, pour ce que j'en sais) sont la Grammeen Bank, au Bangladesh, et on aurait pu croire que ce genre de démarche resterait cantonné aux pays en développement. Pas du tout, ça existe aussi aux États-Unis et en France, et ça marche tout aussi bien, semble-t-il.
(Une particularité intéressante de la Grameen Bank était de ne prêter qu'aux femmes, je vous laisse réfléchir là dessus).