What Des-Cartes did was a good step. You have added much several ways, & especially in taking ye colours of thin plates into philosophical consideration. If I have seen further it is by standing on ye shoulders of Giants.
Newton à Hooke
Le grand public aime avoir des héros, y compris parmis les scientifiques. Dans un réflexe d'auto-défense, les chercheurs ne se privent jamais de rappeler que les vrais esprits révolutionnaires sont rares, et que la découverte scientifique est un travail collectif. Bien que le travail de Darwin sur la sélection naturelle ait été fondateur, l'idée d'une évolution des espèces était dans l'air du temps. Si Darwin n'avait pas publié The Origin of Species, la découverte de la sélection aurait sans doute pu prendre plus longtemps, mais aurait été faite. En fait, d'autres avaient proposé des hypothèses similaires. Les révolutions scientifiques pourraient donc être le fait de personnes qui sont capables de saisir les bribes de théories que l'on trouve dans l'air, de choisir celles qui sont pertinentes, de les ordonner et d'en faire quelque chose. Alors, en attendant que le nouvel Einstein se révèle, est-il possible de jeter un coup d'oeil dans ce qui flotte actuellement, et d'avoir un aperçu de la prochaine révolution ?
Parmis les domaines en vogue en ce moment, on trouve la physique quantique, dont une interprétation conduit à conclure en l'existence d'un ensemble d'univers parallèles. Il est possible d'essayer d'interpréter le temps en termes d'univers parallèles, bien qu'aucune théorie ne se soit affirmée à ce sujet. On trouve aussi l'étude des phénomènes d'émergence. Le terme est vague, mais c'est définitivement un buzzword à la mode. Il s'agit d'adopter un point de vue holiste et d'étudier en quoi le tout est plus que la somme des parties. Par exemple, observer l'émergence de comportements de niveaux supérieurs dans une fourmilière, qui résultent de l'action d'individus n'ayant pas de plan global. Enfin, on trouve l'étude de l'intelligence, ou de la conscience, sur laquelle l'homme s'est toujours penché, mais qui a trouvé une nouvelle jeunesse depuis l'apparition des ordinateurs. Certains supposent que le temps puisse être un phénomène émergeant du multivers, c'est à dire que dans l'ensemble de tous les univers existant, certaines successions d'univers se distinguent des autres en ce que leur différence peut être décrite par les règles de la physique. On peut étendre cette hypothèse, et supposer que la conscience soit un phénomène émergeant du multivers, en suivant le même raisonnement.
Les philosophes se sont beaucoup intéressés à la nature de la réalité, et aux objets que nous manipulons en esprit. Par exemple, le nombre 2 a-t-il une existence réelle, ou bien s'agit-il d'une invention de notre esprit ? Pour Platon, les nombres (et les autres idées mathématiques) sont la réalité, mais nous n'en avons qu'une vision biaisée, tout comme l'ombre d'un objet décrit mal l'objet lui même. La question s'est faite plus pressante lorsque l'on a commencé à considérer sérieusement le fait que notre esprit puisse être un programme simulable par un ordinateur. Les programmes d'ordinateurs pouvant être représentés par des nombres, nous pouvons alors nous demander si un programme existe même sans qu'aucune machine ne l'exécute, et par extension, si toutes les consciences possibles existent sans qu'une machine (ou un cerveau) ne l'exécute.
Il est possible (bien que complètement infondé) de supposer que la vision platonicienne de la réalité puisse être remise au goût du jour. Et si seuls les nombres existaient ? Et si le phénomène d'émergence dont nous avons parlé plus haut faisait que certaines séquences de nombres, prises dans le bon ordre, décrivent une conscience ? Un univers ? Ce n'est, pour l'instant, que pure divagation, mais c'est un exemple de ce que l'on peut obtenir en prenant les problèmes à la mode et en les mélangeant ensemble. Le prochain changement de paradigme aura-t-il quelque chose à voir avec cela, ou bien sera-t-il complètement différent ?