Certaines personnes, lorsqu'on leur présente la théorie de l'évolution (encore elle), objectent qu'il n'est pas crédible qu'un processus aléatoire puisse produire quelque chose d'aussi complexe qu'un organisme vivant. On peut répondre à cela de plusieurs manières, par exemple en évoquant des simulations de processus d'évolution qui ont produit des solutions complexes, mais ce n'est pas ce qui m'intéresse pour le moment. Je n'ai pas de réflexion profonde à proposer, juste une idée à lancer en l'air. Pardonnez-moi le manque de rigueur.
La notion de complexité est vague. Le sens commun ne s'accorde pas bien avec certaines définitions de la complexité, comme celle de Kolmogorov. Dans la théorie de l'information, la complexité d'une information est la taille du plus petit programme qui produit cette information. Pour schématiser, plus une chose est simple à décrire, et moins elle est complexe. La suite (1,2,...,n) est plus courte à décrire (moins complexe) qu'une suite aléatoire de n chiffres, que je devrais énumérer en entier.
Cela s'accorde mal au sens commun, car suivant cette définition, le corps humain est moins complexe qu'un arrangement aléatoire des atomes qui le composent. En décrivant une de ses cellules, on décrit à peu près bien les autres de ses cellules. En décrivant les interactions entre ces cellules, et tout un tas de propriétés dont je n'ai aucune idée, nous nous arrangeons pour décrire un corps sans énumérer la position et la composition de chacune des molécules qui le composent.
Alors, le hasard peut-il engendrer le manque de complexité ? Certaines informations structurées ont la propriété de se recopier, alors qu'une information aléatoire n'a pas cette propriété (cf. le gène égoïste, là encore). Il semble donc logique que, le hasard aidant, les informations pouvant se répliquer apparaissent; et une fois apparues, persistent.