29 septembre 2004, à 18:54
Tourisme spatial
Tout le monde en parle en ce moment, Richard Branson, le possesseur de Virgin, a signé un contrat avec les constructeurs de SpaceShipOne pour mettre en place des vols spatiaux avec passagers commerciaux. Le projet s'appelle Virgin Galactics, devrait être fonctionnel vers 2007, et un ticket pourrait coûter à partir de 115 000 £, soit à ce jour 167 952 € pour 4 minutes au dela de l'atmosphère.
Un pas de plus vers le tourisme spatial, après les vols en gravité zéro. Est-ce que nous verrons bientôt des hôtels en orbite, comme annoncé il y a quelques années par l'entreprise Shimizu ? Voir aussi l'entreprise Spacetopia (attention les yeux).
27 septembre 2004, à 19:27
Je pars aux fleurs la paix dans l'âme
Le progrès des connaissances et des technologies semble pouvoir nous apporter à moyen terme un certain nombre d'avancées, et la plupart d'entre-elles effrayent au moins une partie de la population. Ce ne sont pas forcément celles que l'on croit. Je ne connais personne qui soit effrayé à l'idée que l'homme marche sur Mars. Il est probable que certaines personnes voient d'un mauvais oeil que l'on colonise Mars. Mais, en tenant compte du légendaire instinct de conservation que l'on retrouve chez la plupart des animaux, qui aurait pensé que l'allongement de la durée de vie soit un sujet de polémique ?
Je ne vais pas discuter ici (pour le moment) les différents arguments pour ou contre fait de rechercher un allongement indéfini de la durée de vie, mais je voudrais discuter d'un vieil argument utilisé par Platon. Dans Phédon, Socrate, condamné à mort, explique à ses amis que tout bon philosophe est heureux de voir la mort arriver car, son âme étant immortelle, elle sera libérée des limitations son corps et lui donnera accès à la réalité.
[...] s'il est impossible de rien connaître purement pendant que nous sommes avec le corps, il faut de deux choses l'une, ou que l'on ne connaisse jamais la vérité, ou qu'on la connaisse après la mort. [...] libres et affranchis de la folie du corps, [...] nous connaîtrons l'essence pure des choses.
[...] les véritables philosophes ne sont-ils pas les seuls qui travaillent véritablement à cette fin ? [...] Ne serait-ce donc pas une chose très ridicule [...] qu'un homme, après s'être appliqué toute sa vie à vivre dans l'attente de la mort, voyant arriver la mort, s'avisât de s'indigner ?
Dans la suite du dialogue, Socrate s'applique à démontrer la perfection et l'immortalité de l'âme, qui sont la base de ce raisonnement. Suivons un raisonnement parallèle bassement pragmatique. Actuellement, j'ai accès à la réalité à travers l'imperfection de mes sens. J'ai donc un accès imparfait et limité à cette réalité, mais un accès quand même. Comme le dit Socrate, après ma mort, soit mon âme est immortelle et me donnera un meilleur accès à la réalité, soit elle va disparaître dans le Néant en émettant un pouf éthéré. Si mon âme est immortelle, j'aurai tout le temps d'en profiter, je ne suis pas à 50 ou 100 ans près. Par contre, si elle est mortelle, ces 50 ou 100 ans prennent beaucoup d'importance...
25 septembre 2004, à 15:25
Conscience écologique
L'autre jour, en me promenant, je suis passé à deux reprises devant des collecteurs de verre et papier. J'ai vu trois fois des personnes arriver en voiture, se garer, et y déposer leurs déchêts. C'est super de participer au recyclage, mais en voyant le gabarit de leurs voitures, je ne peux pas m'empêcher de trouver cela ironique, et de me dire que s'ils faisaient le même trajet régulièrement et à pieds, ce serait encore mieux, tant pour leur santé que pour l'environnement.
En ce moment, c'est le mondial de l'automobile paraît-il. À cette occasion, Libération parle de la journée sans voitures, des émissions de gaz carbonique et des voitures écologiques qui semblent d'actualité. Un peu avant, et sans lien avec le mondial de l'auto, est paru un livre électronique (en américain) décrivant « comment économiser de l'énergie sans qu'on se moque de vous » (le lien principal de fonctionne plus mais des miroirs se trouvent dans les commentaires). L'auteur accepte l'argent et les commentaires constructifs.
23 septembre 2004, à 11:23
Nous vous avons menti
Trouvé sur ce blog via Boing Boing, cette pseudo lettre ouverte de l'industrie informatique à l'industrie des loisirs:
Chers producteurs et possesseurs de contenu:
Nous vous avons menti. Pendant l'âge d'or des années 80 et 90, nous vous avons dit que les micro-paiements et la protection du contenu allaient fonctionner. Que vous pourriez facturer de minuscules sommes d'argent quand quelqu'un écouterait votre musique ou regarderait votre film. Nous vous avons dit des contre-vérités dont nous savions parfaitement qu'elles ne fonctionneraient jamais - après tout, nous ne les aurions jamais utilisées nous-mêmes. À la place, nous avons écrit des choses comme Kazaa et Gnutella, et d'autres logiciels de P2P maléfiques pour obtenir vos trucs gratuitement.
Nous vous avons dit ces choses pour que vous financiez ce que nous voulions vraiment construire, et pas ce que vous auriez voulu qu'il soit construit. Nous savions depuis le début que les modèles de DRM ne fonctionnaient pas, et nous savions que tout ce que nous pouvions créer, nous pouvions aussi le contourner. Nous ne nous en soucions plus, car votre argent nous a rendu plus importants que vous.
Regardez nous: chaque année, nous obtenons plus des jeux vidéos que la valeur de toute votre industrie. Comment faisons-nous cela ? Nous aimons nos clients. Nous ne les traîtons pas comme des criminels potentiels, et nous n'essayons pas de faire que nos produits fassent moins de choses. Nous inventons de nouvelles choses, comme des jeux de rôle en ligne, d'où l'argent ne vient pas de la duplication de bits (qui ne peut être stoppée, peu importe vos idées de DRM) mais de l'apport de sensations que les gens recherchent.
Nous avons vu que vous étiez vieux et faibles. Alors nous en avons tiré avantage: nous vous avons dit ce que vous vouliez entendre afin de pouvoir vous démolir vingt ans plus tard. Certains de nous vous ont dit que le futur serait interactif. Qu'avez-vous fait ? Vous avez commencé à réfléchir à la manière de faire des films interactifs (CD-I, quelqu'un ?), ce qui ne correspondait pas à la vraie signification, pendant que nous écrivions des jeux et que nous essayions de comprendre les nouveaux médiums, et pas comment les adapter à de vieux concepts.
Nous vous avons menti. Et nous nous en excusons, mais c'était pour le meilleur. C'est pourquoi nous ne sommes pas le moins du monde désolés.
Signé: l'Industrie Informatique
22 septembre 2004, à 20:09
Accouchement des âmes
Instictivement, nous avons tendance à nous procurer des informations provenant de sources conformes avec nos opinions. Si l'on est de gauche, on a tendance à lire des journaux de gauche, à écouter des hommes politiques de gauche, etc. Par conséquent, quand on écrit, on a aussi tendance (sauf situation particulière) à écrire pour des gens qui partagent en partie ses opinions, à prêcher des convertis, et donc à faire inconsciemment des raccourcis dans ses argumentations. C'est pour cette raison que lorsqu'on écoute ou lit un média « de l'autre bord », on est souvent outré par son caractère grotesque, son manque de modération.
Pourtant, discuter entre gens partageant les mêmes idées n'est pas le meilleur moyen de découvrir des failles dans ces idées, d'en découvrir de nouvelles ou de paufiner son argumentation. Il faudrait alors participer à des débats incluant les deux parties ? Cela pose un problème. Lorsque ces deux camps idéologiques sont clairement identifiés, on voit souvent se former une joute de dialectique plutôt qu'un débat, où il s'agit de convaincre que l'on a raison plutôt que d'avoir réellement raison (voir L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer).
Par conséquent, la meilleure manière de procéder est de réunir des gens autour d'un sujet sur lequel ils s'entendent (par exemple les logiciels libres), et de les faire parler d'autre chose (voir aussi Troll et Loi de Godwin).
21 septembre 2004, à 20:08
Vie extra-terrestre, SETI possible ?
Il y a quelques jours, les journaux ont annoncé que le programme SETI de recherche d'intelligences extra-terrestres avait découvert un signal candidat intéressant, nouvelle qui fut rapidement démentie. Quoi qu'il en soit, comme à chaque fois que le projet SETI est mentionné quelque part, la question de l'existence de la vie intelligente dans l'Univers a été discutée, avec les habituels débats entre partisans et opposants du SETI. Une petite réflexion sur le sujet s'impose pour y voir clair.
Dans le camp des opposants, on trouve ceux qui ne croient pas à la vie dans l'Univers (pour des raisons religieuses ou parce qu'ils pensent que l'appartition de la vie est trop rare), on trouve ceux qui croient que la vie existe (peut-être) dans l'Univers, mais que ces formes de vies ne sont pas assez évoluées pour communiquer, et enfin on trouve ceux qui croient que la vie intelligente extra-terrestre existe, mais qu'on ne la trouvera pas avec les méthodes employées par le SETI. Intéressons-nous à ceux qui pensent que la vie est un phénomène rare dans l'univers.
Dans un camp comme dans l'autre, on évoque souvent la fameuse équation de (Frank) Drake, qui tente d'estimer le nombre de civilisations extra-terrestres dans notre galaxie. Cette équation est intéressante à formuler et à comprendre, mais ce qui est amusant, c'est que son pouvoir explicatif est très limité: selon les (estimations de) valeurs que l'on donne à ses variables, on constate que le nombre de civilisations communiquantes dans notre galaxie est compris entre 1 et Beaucoup. Le 1, c'est nous, bien sûr. Cette conclusion semble sans intérêt, mais elle montre quelque chose de fondamental: la seule chose que nous savons sur la probabilité d'apparition de la vie, c'est que cette probabilité n'est pas nulle (nous existons). Cela suffit à justifier la recherche de la vie ailleurs que sur Terre, sans remettre en question l'utilité de débattre de nos chance d'en trouver.
Certaines des objections les plus fortes au projet SETI sont les suivantes. Le Paradoxe de Fermi pose la question "Où sont-ils ?". Si la vie est fréquente, rien ne nous permet de penser, statistiquement, que nous sommes les premiers. Alors, pourquoi n'avons-nous jamais vu de traces de vie extra-terrestre à ce jour ? Il existe plusieurs réponses qui ne sont pas incompatibles avec l'existence d'autres civilisations, mais la question reste posée. La deuxième objection en regroupe plusieurs. Si nous espérons capter des émissions involontaires (comme nos propres émissions d'ondes radio dues à la télévision), nous devons supposer que les extra-terrestres utilisent les ondes radio pour leurs communications. Si nous recevons ces communications, nous devons encore nous rendre compte qu'il s'agit de communications et pas d'un signal aléatoire. Pour cela, le SETI se base sur différentes analyses pour mettre en évidence des régularités dans les signaux. Mais une civilisation avancée, qui utiliserait ses canaux de communication efficacement, compresserait probablement ses données. Si la compression est efficace, serons nous capables d'y détecter des régularités ?
Un autre espoir réside dans la détection de signaux intentionnels... Hello World ?
19 septembre 2004, à 19:56
Jeux vidéos et logiciels libres
Est-il possible d'avoir des jeux vidéos libres de qualité équivalente à celle des jeux propriétaires que l'on trouve dans le commerce ? La question a été souvent posée, et la réponse est souvent négative, mais peut-être à tort.
Un des avantages fourni par les logiciels libres est que l'on peut corriger soi-même les erreurs dans le code source, ou porter le logiciel sur sa plateforme préférée. C'est important dans le cas d'un jeu: combien d'entre-nous n'ont jamais eu envie de rejouer à un ancien jeu, pour se rendre compte qu'il ne fonctionnait pas sur leur plateforme actuelle ? Je vais me focaliser sur cet avantage, pour faire court.
Les principales objections au développement de jeux libres sont le manque de rentabilité (argument copieusement critiqué, je ne m'y attarderai pas), et le fait que le développement d'un jeu de qualité nécessite beaucoup d'employés, et pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. Pas seulement des programmeurs, mais également des artistes, qui ont beaucoup moins la « culture » du libre. Faisons la séparation entre la partie dépendant des programmeurs, le moteur de jeu, dont il existe beaucoup d'exemples libres, et la partie dépendant des artistes, les données. Ce qui fait la personnalité d'un jeu, ce sont ces données, et ce n'est pas une coïncidence si c'est souvent ce qui est inachevé dans les jeux développés par des amateurs bénévoles.
Nous pourrions imaginer une entreprise qui développe un moteur de jeu libre, et des données propriétaires. Le code source du jeu étant disponible, le jeu est améliorable par n'importe qui, et portable sur n'importe quelle architecture. Cependant, les données n'étant pas libres, cela implique d'accepter une licence qui peut déplaire pour des raisons philosophiques, et cela implique également que si l'entreprise éditrice disparaît, le jeu est condamné à ne plus évoluer.
Imaginons maintenant une entreprise qui vende ses jeux sous la licence suivante. Le moteur du jeu est disponible sous licence GPL. Les données sont propriétaires, mais deviennent libre (sous licence GPL) lorsqu'une de ces conditions (au moins) est remplie:
- X copies du jeu sont vendues
- Y mois ce sont écoulés depuis la sortie du jeu
- Le détenteur du copyright le décide.
Les valeurs de X et Y dépendraient du coût de développement du jeu. X afin d'assurer sa rentabilité, Y afin d'assurer que même si le jeu n'a aucun succès il sera libéré un jour. La dernière condition permet de libérer le jeu plus tôt si le détenteur du copyirght en a envie. Ce genre de licence me paraît un bon compromis entre des exigences commerciales et une garantie pour les utilisateurs.
18 septembre 2004, à 18:31
Le Transhumanisme, une utopie dangereuse ?
Le transhumanisme est une philosophie encore peu connue en France, mais qui commence à faire parler d'elle outre-Atlantique. Les transhumanistes pensent que nous devons utiliser tous les moyens à notre disposition pour améliorer la condition humaine, jusqu'au moment où nous serons tellement différents que nous ne pourrons plus nous appeler humains, mais post-humains. Il ne faut pas croire que les transhumanistes soient pour un usage immodéré et incontrôlé de la technologie. Les dangers et l'éthique des nouvelles technologies sont autant discutés que leurs mérites, si ce n'est plus.
Les transhumanistes partagent certaines valeurs communes, mais sont divisés en de nombreuses écoles, dont la plus connue est l'Extropianisme (l'extropie est le contraire de l'entropie). Leurs principes sont le progrès perpétuel, la transformation personnelle, l'optimisme actif, l'utilisation intelligente de la technologie, la défense d'une société ouverte et libre, la défense du libre arbitre et la pensée rationnelle.
Formulé comme cela, le programme des extropiens semble parfait. Pourtant, il soulève bien des objections, provenant en grande partie de luddites. La technologie est effrayante, mais le fait de placer ses espoirs dans cette technologie semble encore plus effrayant pour certains. La plupart des objectifs poursuivis par les transhumanistes (guérir du vieillissement, améliorer son intelligence, sa force physique...) sont vus comme blasphématoires, ou du moins contraires à « l'ordre naturel ».
Il est évident que si une technologie est physiquement possible, alors elle sera mise en oeuvre un jour ou l'autre, éventuellement par des gens mal intentionnés. Quoi que l'on pense de sa crédibilité, l'approche transhumaniste à le mérite de prendre le problème sous le bon angle (la raison plutôt que la peur), et de ne vouloir laisser personne en arrière.
17 septembre 2004, à 13:36
Les Réalités
Nous percevons le monde à partir d'un ensemble de sensations, mais quelle garantie avons-nous que ce que nous percevons est fidèle à la réalité ? Les autres gens exitstent-ils, et si oui, perçoivent-ils le monde de la même manière que moi ?
On peut distinguer un certain nombre de conceptions de la réalité. À un extrême, il y a l'idée que tout ce que nous concevons est réel. L'arbre que je vois est réel, la Terre, les étoiles et les galaxies sont réelles, mais aussi le nombre 2 et les autres objets mathématiques. À un autre extrême, que l'on retrouve dans des philosophies asiatiques, le monde est une illusion que nous pourrons dépasser lorsque nous aurons atteint l'illumination. Entre ces deux paradigmes, beaucoup de nuances sont possibles.
Deux mathématiciens, Ashwin Vaidya et Bong Jae Chung, ont essayé concevoir un modèle mathématique des réalités à l'aide de la théorie des graphes. C'est amusant et intéressant à la fois, mais je n'arrive pas à construire leurs exemples à partir de leur définition, donc je serais bien en peine de commenter la validité scientifique de cet article.
16 septembre 2004, à 14:06
Un weblog ?
Après avoir découvert Liferea (un aggrégateur de flux RSS), je me suis dit que, finalement, le phénomène des weblogs pouvait avoir son intérêt. D'accord, ça sert encore principalement à raconter sa vie, en essayant de se convaincre que des gens viennent la lire (alors qu'en fait seul le robot de Google le fait). Mais avec des aggrégateurs, on peut espérer quelque chose d'un peu mieux, car on a un moyen de réunir en un même endroit plusieurs sources de nouvelles différentes, et de les traîter de manière uniformisée. Pour l'instant, à ma connaissance, le phénomène n'a pas été poussé bien loin, mais ce n'est qu'une question de temps.
Bogofilter, ainsi que la plupart des filtres anti-spam évolutifs, fait du filtrage statistique (bayésien) qui est, du point de vue de l'utilisateur, un moyen magique d'apprendre ce qui est intéressant et ce qui est du spam. Puisqu'on n'aura pas de vraie intelligence artificielle avant encore quelques temps, pourquoi ne pourrait-on pas utiliser ce genre d'analyse statistique brutale pour choisir ce qui nous intéresse parmi les flux de nouvelles disponibles ?
Bref, tout ça pour dire que j'ai (un peu) changé d'avis sur les weblogs. Ça peut être bien. Alors, pour voir, je vais essayer d'en faire un, et de parler des sujets intéressants que je trouve dans l'actualité. Nul doute que je me lasserai très vite. Et les lecteurs bien avant moi :)
16 septembre 2004, à 12:26
NanoBlogger
Mais pourquoi je fais ça, au fait ? J'aime pas les blogs, moi.