Instictivement, nous avons tendance à nous procurer des informations provenant de sources conformes avec nos opinions. Si l'on est de gauche, on a tendance à lire des journaux de gauche, à écouter des hommes politiques de gauche, etc. Par conséquent, quand on écrit, on a aussi tendance (sauf situation particulière) à écrire pour des gens qui partagent en partie ses opinions, à prêcher des convertis, et donc à faire inconsciemment des raccourcis dans ses argumentations. C'est pour cette raison que lorsqu'on écoute ou lit un média « de l'autre bord », on est souvent outré par son caractère grotesque, son manque de modération.
Pourtant, discuter entre gens partageant les mêmes idées n'est pas le meilleur moyen de découvrir des failles dans ces idées, d'en découvrir de nouvelles ou de paufiner son argumentation. Il faudrait alors participer à des débats incluant les deux parties ? Cela pose un problème. Lorsque ces deux camps idéologiques sont clairement identifiés, on voit souvent se former une joute de dialectique plutôt qu'un débat, où il s'agit de convaincre que l'on a raison plutôt que d'avoir réellement raison (voir L'Art d'avoir toujours raison de Schopenhauer).
Par conséquent, la meilleure manière de procéder est de réunir des gens autour d'un sujet sur lequel ils s'entendent (par exemple les logiciels libres), et de les faire parler d'autre chose (voir aussi Troll et Loi de Godwin).