Il y a quelques jours, les journaux ont annoncé que le programme SETI de recherche d'intelligences extra-terrestres avait découvert un signal candidat intéressant, nouvelle qui fut rapidement démentie. Quoi qu'il en soit, comme à chaque fois que le projet SETI est mentionné quelque part, la question de l'existence de la vie intelligente dans l'Univers a été discutée, avec les habituels débats entre partisans et opposants du SETI. Une petite réflexion sur le sujet s'impose pour y voir clair.
Dans le camp des opposants, on trouve ceux qui ne croient pas à la vie dans l'Univers (pour des raisons religieuses ou parce qu'ils pensent que l'appartition de la vie est trop rare), on trouve ceux qui croient que la vie existe (peut-être) dans l'Univers, mais que ces formes de vies ne sont pas assez évoluées pour communiquer, et enfin on trouve ceux qui croient que la vie intelligente extra-terrestre existe, mais qu'on ne la trouvera pas avec les méthodes employées par le SETI. Intéressons-nous à ceux qui pensent que la vie est un phénomène rare dans l'univers.
Dans un camp comme dans l'autre, on évoque souvent la fameuse équation de (Frank) Drake, qui tente d'estimer le nombre de civilisations extra-terrestres dans notre galaxie. Cette équation est intéressante à formuler et à comprendre, mais ce qui est amusant, c'est que son pouvoir explicatif est très limité: selon les (estimations de) valeurs que l'on donne à ses variables, on constate que le nombre de civilisations communiquantes dans notre galaxie est compris entre 1 et Beaucoup. Le 1, c'est nous, bien sûr. Cette conclusion semble sans intérêt, mais elle montre quelque chose de fondamental: la seule chose que nous savons sur la probabilité d'apparition de la vie, c'est que cette probabilité n'est pas nulle (nous existons). Cela suffit à justifier la recherche de la vie ailleurs que sur Terre, sans remettre en question l'utilité de débattre de nos chance d'en trouver.
Certaines des objections les plus fortes au projet SETI sont les suivantes. Le Paradoxe de Fermi pose la question "Où sont-ils ?". Si la vie est fréquente, rien ne nous permet de penser, statistiquement, que nous sommes les premiers. Alors, pourquoi n'avons-nous jamais vu de traces de vie extra-terrestre à ce jour ? Il existe plusieurs réponses qui ne sont pas incompatibles avec l'existence d'autres civilisations, mais la question reste posée. La deuxième objection en regroupe plusieurs. Si nous espérons capter des émissions involontaires (comme nos propres émissions d'ondes radio dues à la télévision), nous devons supposer que les extra-terrestres utilisent les ondes radio pour leurs communications. Si nous recevons ces communications, nous devons encore nous rendre compte qu'il s'agit de communications et pas d'un signal aléatoire. Pour cela, le SETI se base sur différentes analyses pour mettre en évidence des régularités dans les signaux. Mais une civilisation avancée, qui utiliserait ses canaux de communication efficacement, compresserait probablement ses données. Si la compression est efficace, serons nous capables d'y détecter des régularités ?
Un autre espoir réside dans la détection de signaux intentionnels... Hello World ?